mardi 22 avril 2014

Iconomie, ce nouveau monde en émergence

Voici la vidéo de l'entretien avec Laurent Faibis consacré au livre iconomie :

vendredi 18 avril 2014

Les partenariats équitables dans l'iconomie

L'iconomie est l'économie du risque maximum en raison de l'importance des coûts fixes dans le coût de production : la quasi-totalité de celui-ci est en effet dépensée avant que l'entreprise n'ait vendu la première unité et reçu la première réponse du marché.

Dans l'iconomie la plupart des produits seront donc élaborés par un réseau d'entreprises partenaires car cela permet de réduire le risque que supporte chaque entreprise. Une autre raison milite pour le partenariat : chaque produit étant un assemblage de biens et de services, les « effets utiles » qu'il procure au client nécessitent l'intervention d'acteurs aux compétences diverses.

Au cœur du partenariat se trouve une plate-forme d'intermédiation qui a pour rôle:
  1. d'assurer l'interopérabilité du processus de production en introduisant, entre les systèmes d'information des partenaires, la passerelle qui assure une fonction de traduction et de commutation ;
  2. d'assurer le traitement des « effets de commerce » qui circulent entre les partenaires en procurant au partage des dépenses et recettes la transparence qui garantit son honnêteté.
L'investissement initial comporte le design du produit, l'ingénierie de sa production (conception et programmation des automates, organisation des services, définition du système d'information) et l'ingénierie d'affaire qui monte le partenariat en établissant le contrat qui répartit les responsabilités, recettes et dépenses, et en mettant en place la plate-forme d'intermédiation qui assurera le suivi de la réalisation de ce contrat.

Mais comment faire pour que le partenariat soit équitable ?

dimanche 13 avril 2014

La vie d'un système d'information

(Exposé de Laurent Bloch, Jacques Printz et Michel Volle lors de la réunion de l'institut de l'iconomie le 10 avril 2014)

Un système d'information est un être vivant : il naît, il évolue et se renouvelle, il connaît des incidents et des accidents, il se métamorphose même, mais il mourra le jour où l'institution qu'il sert disparaîtra – car aucune institution, aucune entreprise n'est éternelle.

Ses utilisateurs ne font que trois choses : ils lisent, ils écrivent et ils lancent des traitements. Il met à leur disposition quatre choses : des mémoires, des processeurs, des logiciels et un réseau. Vu comme cela, l'affaire peut sembler très simple...


Les langages

… mais dès que l'on a dit « les utilisateurs lisent et ils écrivent », cela implique toute la complexité de l’ingénierie et du langage.

Les utilisateurs conversent entre eux en utilisant le langage naturel, moyen de communication dont la puissance est gagée par une imprécision : tous les mots du langage naturel sont en effet entourés de connotations suggestives mais floues.

L'action technique, qui concerne des choses et des actions professionnelles, exige au contraire un langage précis, dépourvu de connotations et donc strictement conceptuel. Outre les connotations, elle bannit les synonymes et les homonymes qui sont autant de sources de malentendus.

La première étape de la construction d'un système d'information réside dans l'élaboration d'un langage conforme aux exigences du métier : il faut que toute l'entreprise, et même certains clients/partenaires dans le cas de l’entreprise « étendue », parle la même langue sans homonymes ni synonymes ; il faut que cette langue respecte des règles logiques formelles de complétude et de cohérence, indépendantes des opinions des usagers (« context-free ») ; il faut que les concepts qu'elle utilise soient pertinents (c'est-à-dire adéquats à l'action productive).

L'ingénierie du système d'information doit mobiliser la technique informatique de façon à satisfaire les besoins des utilisateurs (et non de répondre à leur demande, car celle-ci n'est le plus souvent qu'une traduction erronée du besoin).

Lorsque le système d'information utilise l'informatique, les données saisies et les ordres de traitement sont traduits en une cascade de langages intermédiaires avant de parvenir aux processeurs sous la forme d'instructions élémentaires écrites en 0 et 1 : le langage du processeur est celui des opérations physiques, qui n'est ni celui des êtres humains, ni celui de la logique pure.

samedi 12 avril 2014

Les études économiques en support des nouveaux services

(Exposé du 10 avril 2014 devant l'AHTI - Association pour l'Histoire des Télécoms et de l'Informatique)

J'arrive au CNET en 1983 à l'invitation de François du Castel pour y monter une « mission d'études économiques ». Cette mission devait éclairer la perspective de la diversification des services sur les réseaux télécoms en coopération avec l'équipe de Patrice Flichy qui, elle, menait des recherches sur la sociologie des usages.

Le service téléphonique avait en effet pratiquement atteint sa pénétration finale après l'effort d'équipement lancé à partir de 1974. L'énergie acquise par la DGT dans cette période de vive croissance se cherchait de nouveaux débouchés : ce sera le Minitel, puis le Plan Câble.

Je venais de l'INSEE et ne connaissais rien aux télécoms. Il a donc fallu que je me mette à l'école comme un bizut en lisant des livres, en écoutant les chercheurs du CNET et surtout les explications que me donnait généreusement du Castel.

J'ai eu bien du mal à comprendre la diversité des télécoms : le codage numérique du signal vocal, le modèle en couches, les règles d'ingénierie et la hiérarchie des commutateurs du réseau général, l'architecture de Transpac, le protocole Ethernet sur les réseaux locaux d'établissement, etc. Il faudra que je fasse un cours sur les techniques télécoms à l'ENSPTT pour assimiler enfin leur vocabulaire, leurs principes et leur méthode. Je suis étonné quand je vois un inspecteur des finances accepter de prendre la présidence du gigantesque automate qu'est le réseau télécom sans éprouver apparemment la moindre inquiétude...

*     *

Les gens des télécoms croyaient, ou affectaient de croire, qu'un économiste est un avocat payé pour faire des calculs complaisants à l'appui des projets qu'on lui demande de défendre. Ce n'était pas ainsi que je concevais mon métier et d'ailleurs du Castel ne m'a jamais demandé rien d'autre qu'un travail honnête.

Je respectais pour ma part beaucoup le sérieux professionnel des télécommunicants. Ils se partageaient entre deux spécialités : les « transmetteurs », qui sont des physiciens, et les « commutants » qui sont des logiciens, et ils adoraient littéralement leur métier historique, la téléphonie filaire. Cela me changeait agréablement de l'INSEE où la statistique – qui occupe l'essentiel des effectifs – était alors moins considérée que la comptabilité nationale, les modèles économétriques et la théorie économique.

mercredi 2 avril 2014

Agir pour l'iconomie : quelle stratégie adopter ?

(Exposé au colloque organisé par le CIGREF, Xerfi et l'institut de l'iconomie le 14 mars 2014)



Dans une entreprise, dans une institution, dans un pays, la fonction du stratège est d'indiquer une orientation, de poser à l'horizon du futur un repère qui oriente les volontés et les actions.

Aucune prospective, aucune stratégie ne pouvaient être pertinentes au XIXe siècle si elles ignoraient la mécanique et la chimie. Aucune ne peut l'être aujourd'hui si elle ignore l'informatisation. Dans le monde que celle-ci fait émerger, l'iconomie est un repère.

Les machines mécaniques ont percé les montagnes pour le chemin de fer, ont été les auxiliaires de la main d'oeuvre sur les chaînes de fabrication et des jambes pour les transports, ont industrialisé l'agriculture avec la chimie des engrais. L'informatisation transforme elle aussi la nature à laquelle sont confrontées les actions et les intentions car elle met en œuvre une ressource naturelle inépuisable : le cerveau humain. Ceux qui ignorent cela ne peuvent rien comprendre au monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.

Jeremy Rifkin a donc tort lorsqu'il dit que la « troisième révolution industrielle » est celle de la transition énergétique, car celle-ci ne peut se concevoir qu'en tenant compte de la transition iconomique.

Après une révolution industrielle la macroéconomie est inopérante parce que les facteurs de crise résident dans la microéconomie, dans l'intimité des organisations et des processus : c'est là qu'il faut aller les dénicher.

L'informatisation a en effet des conséquences dans l'économie des entreprises, la psychologie des personnes, la sociologie des pouvoirs, la philosophie des techniques de la pensée et jusqu'aux valeurs qui orientent le destin des personnes, celui des institutions et celui des nations.

Si la technique apporte un Big Bang qui a transformé la nature, les conséquences de ce Big Bang outrepassent donc la sphère de la technique. Les blocages que l'informatisation rencontre s'expliquent par la crainte que ces conséquences suscitent.

Le ministère du pléonasme, de la répétition et de plusieurs fois la même chose

Il ne suffit apparemment pas aujourd'hui d'être ministre des affaires étrangères : il faut être "ministre des affaires étrangères et du développement international". Je ne vois pas ce que le "développement international" ajoute aux affaires étrangères (développement de quoi, d'ailleurs ? de la "présence française dans le monde", du "rayonnement de la France", de l'internationalisation, de l'internationalisme, de l'international ?)

L'épidémie de pléonasmes n'a pas touché ce seul ministère. Il a fallu ajouter à l'écologie le développement durable et l'énergie car nous aurions pu croire qu'elle les ignorait. La grandeur de l'éducation nationale exigeait qu'on lui ajoutât, comme si cela n'allait pas de soi, l'enseignement supérieur et la recherche. Le titre prestigieux de ministre des finances a été plombé, lui, par la triste symbolique qui accompagne les comptes publics.

Le ministère de l'économie est aussi celui du redressement productif : mais comment s'occuper de l'économie sans devoir redresser la production, qui en a tant besoin ? Et pour faire bonne mesure, on lui a ajouté le numérique.

Quand on dit "ministère de l'agriculture", on sait que cela recouvre l'agro-alimentaire et la forêt. Mais il a fallu le dire explicitement, car comme nous sommes ignares nous risquons de l'ignorer.

Un sommet est atteint par le ministère du travail, de l'emploi et du dialogue social : trois façons de dire une seule et même chose.

Quelques ministères empilent un catalogue disparate : ministère des droits de la femme, de la ville, de la jeunesse et des sports ; ministère de la décentralisation, de la réforme de l'Etat et de la fonction publique ; ministère du logement et de l'égalité des territoires ; ministère de la culture et de la communication.

Saluons cependant quelques dénominations d'une élégante sobriété : garde des sceaux, ministre de la justice ; ministre des affaires sociales ; ministre de la défense ; ministre de l'intérieur ; ministre des outre-mer.

A la complexité des dénominations correspond, on peut le craindre, une pensée qui fuit la clarté et la simplicité. Ce n'est pas bon signe.

On croit donner plus d'autorité aux ministres en empilant des badges sur leurs épaules mais on obtient le résultat inverse car les dénominations historiques portent, dans leur sobriété, un symbole plus puissant que ces accumulations.

De même, l'avez-vous remarqué ? la féminisation des dénominations professionnelles a un effet contraire à celui qu'elle visait : dire qu'une femme est professeure, écrivaine, etc., c'est suggérer qu'elle est autre chose qu'un professeur ou qu'un écrivain et donc qu'elle leur est peut-être inférieure.

La dégradation du vocabulaire fait des victimes parfois imprévues.

mardi 18 mars 2014

Pour une approche historique du monde contemporain

« L'histoire n'est pas une science », disaient mes collègues de l'INSEE alors que je préparais ma thèse. Ils croyaient sans doute que seule la certitude des résultats permet de qualifier une discipline de « scientifique ».

Il est vrai que l'histoire, coincée entre un passé énigmatique et un futur imprévisible, ne peut pas parvenir à la certitude. Mais ne se trompaient-ils pas sur le critère de la scientificité ? Ne s'exagéreraient-t-ils pas par exemple la certitude des mathématiques ? Certes, leurs démonstrations sont certaines mais elles sont suspendues à des hypothèses : la géométrie du triangle (la somme des angles est égale à 180°, etc.) n'est ainsi exacte que dans l'espace euclidien, qui n'est pas plus « réel » que les espaces courbes.

L'histoire, elle, assume le caractère énigmatique du monde réel pour y repérer les faits, événements et structures qui déterminent son évolution. Tout comme la science économique, elle ambitionne de produire des modèles schématiques qui fourniront des points d'appui à la réflexion et à l'action.

Alors que la plupart des disciplines s'efforcent de fournir les praticiens en certitudes, l'histoire assume l'incertitude de ses résultats pour embrasser une situation réelle dans sa complexité. En contrepartie elle est libre de mobiliser, pour éclairer cette situation, les concepts et théories qu'ont élaborés les autres disciplines.

lundi 17 mars 2014

Message de Moscou

Je reproduis ici le message daté du 17 mars 2014 que je viens de recevoir d'un ami russe, habitant de Moscou :

Merci pour les références que tu m'envoies à des publications dans les médias français, merci de m'avoir signalé l'excellent article de Svetlana Alexievitch, "Poutine et les bas instincts".

Je commence à concrétiser mes idées sur cette situation de crise. Mais les nouvelles, les changements interviennent chaque jour, voire chaque heure.

Le plus désespérant, c'est l'efficacité évidente de la propagande massive à la télévision d'Etat (il n'y en a pas d'autre chez nous). C'est une propagande à la Goebbels. Je ne me souviens pas d'une hystérie pareille : elle dépasse de loin celle qui régnait dans le médias en 1979 (Afghanistan) ou en 1968 (Tchécoslovaquie). Elle gagne les masses, même la jeunesse.

Svetlana Alexievitch a très bien décrit cette atmosphère étouffante. Son article date du 14 mars. Deux marches ont eu lieu à Moscou le samedi 15 mars - l'une pour, l'autre contre la ligne de Poutine. Peut-être en as-tu vu les échos dans les médias français. La seule chose encourageante de ces derniers mois est que la "marche pour la paix" a rassemblé quelques 50 000 personnes à Moscou - chiffre inouï. Parmi les gens honnêtes, personne n'y croyait plus.

Donc primo la propagande super-mensongère ne gagne pas tout le monde, et secundo Poutine ne peut pas ignorer ce fait avant d'ordonner d'attaquer l'Ukraine orientale, ce qui signifierait le déclenchement de la guerre civile en Ukraine et le risque d'un conflit mondial.

vendredi 14 mars 2014

Un livre sur l'iconomie

En cliquant sur le lien ci-dessous :


vous téléchargerez le fichier pdf du livre intitulé Iconomie (1,331 Mo, 227 pages) publié en mars 2014 par les éditions Economica et Xerfi (préface de Laurent Faibis).

Vous pouvez aussi le commander chez Amazon.

Ce livre propose une orientation stratégique pour la sortie de crise.

Je vous souhaite une bonne lecture ! Vos commentaires sont les bienvenus.

dimanche 9 mars 2014

Marre de « numérique »

Tout est ou doit être « numérique » : l'entreprise numérique, la société numérique, l'intelligence numérique etc. Le numérique, c'est chic, c'est branché : c'est à la mode.

Mais « numérique » n'est que le cache-sexe d'« informatique ». La feuille de vigne masque cette réalité : tout ce qui est numérique se condense dans des programmes, du matériel, l'Internet et le Web qui sont tous des réalisations informatiques. Sans programmes, sans processeurs, sans mémoires, sans réseaux, il n'y a pas de « numérique ».

Oui, me dira-t-on, mais le « numérique » c'est bien plus que le logiciel, les processeurs, les mémoires et les réseaux : cela contient aussi la sociologie des usages, la psychologie des utilisateurs, des effets sur l'économie des médias, etc.

Mais qui vous dit donc qu'« informatique » ne contient pas tout cela ? Si vous étiez attentif à l'étymologie, vous verriez que ce mot est forgé à partir d'« information » et d'« automate » et que l'« information » est ce qui donne une « forme intérieure » au cerveau humain, c'est-à-dire une capacité d'action. « Informatique » contient donc tout ce qu'il faut pour désigner à la fois la technique et l'éventail de ses conséquences anthropologiques.

« Numérique » prétend cacher la technique alors que pris à la lettre il désigne ce qu'il y a de plus technique dans l'informatique : le codage en zéro et un nécessaire au fonctionnement du processeur. Par un de ces retournements sémantiques fréquents dans l'usage de la langue, « numérique » en est venu à désigner, de façon d'ailleurs très floue, l'ensemble des dimensions sociologiques et autres de l'informatisation en les détachant de leur socle technique.

Macro ou Micro ?

Deux écoles de pensée se partagent la science économique : la macro-économie et la micro-économie (il existe un entre-deux que l'on appelle méso-économie, mais c'est en fait une branche de la micro-économie).

Alors que la micro raisonne sur des « individus » (personnes, entreprises, institutions) la macro raisonne sur des agrégats. La macro domine dans la politique mais je vais montrer pourquoi il est temps de revenir à la micro.

*     *

Donnons quelques exemples de la macro. Les modèles du commerce international (Ricardo, Heckscher-Ohlin, Helpman) font comme si un pays entier était un individu. D'autres modèles ouvrent cette boîte noire pour distinguer des agrégats dont chacun sera, de nouveau, traité comme un individu selon la méthode de l'« agent représentatif » : l'« Entreprise », le « Consommateur », l’« État ». Ces boîtes noires là peuvent encore être ouvertes : on distinguera dans le système productif des « agents » représentant chacun un secteur d'entreprises, etc.

La technique qui consiste à représenter un agrégat par un « agent représentatif » que l'on suppose doté de comportements est la clé de la macro : ainsi l'« Entreprise » produit, investit, stocke, s'endette, embauche, tout cela formalisé par des équations.

La macro s'appuie sur la comptabilité nationale, qui évalue les agrégats et fournit de quoi étalonner les équations. La politique économique s'en nourrit car les équations permettent, croit-on, d'anticiper les conséquences des « mesures » : évaluer par exemple l'effet du niveau des charges sociales sur l'emploi, celui de l'impôt sur les sociétés sur l'investissement, etc.

Ainsi la réflexion des politiques, des planificateurs, des modélisateurs s'appuie sur la macro, à laquelle la comptabilité nationale fournit une base statistique supposée « scientifique » et « objective » (voir le commentaire sur Une histoire de la comptabilité nationale).

Mais la macro est devenue une prison dont la réflexion doit aujourd'hui sortir.

mercredi 26 février 2014

Vers l'iconomie

(Article destiné à L'Ena hors les murs, revue de l'association des anciens élèves de l'ENA)

Pour comprendre le monde dans lequel nous vivons il faut voir que l'informatisation a transformé la nature, si l'on nomme ainsi ce à quoi les intentions et les actions humaines sont confrontées. Ceux qui n'en ont pas conscience ne peuvent ni interpréter la situation présente, ni définir une stratégie.

Le néologisme « iconomie » (eikon, image, et nomos, organisation) désigne la société que l'informatisation fait émerger. Cette émergence a commencé vers 1975 : le choc pétrolier avait introduit dans le prix de l'énergie une volatilité qui introduisait une incertitude mortelle dans les modèles d'affaires et les entreprises voulaient récupérer, sous forme de productivité, la hausse des salaires concédée en 1968.

Or l'informatique apparaissait comme un recours. Les terminaux l'avaient fait sortir des mains des informaticiens pour l'offrir sur tous les bureaux. Des voyages aux États-Unis et la lecture de quelques livres avaient convaincu certains dirigeants de l'importance des systèmes d'information.

Pierre Nora et Alain Minc, qui avaient du flair, publièrent dès 1978 L'informatisation de la société. Bertrand Gille publia la même année une Histoire des techniques qui découpe l'histoire en périodes caractérisées chacune par un système technique, synergie de quelques techniques fondamentales.

Alors que la première révolution industrielle (1775) s'appuyait sur la mécanique et la chimie et que la deuxième (1875) leur avait ajouté une énergie commode avec l'électricité et le pétrole, la troisième révolution industrielle s'appuie, dit Gille, sur une synergie radicalement nouvelle : elle met en œuvre la synergie de la microélectronique, du logiciel et de l'Internet.

Chacune de ces révolutions a fait émerger un monde nouveau, chacune a eu des conséquences qui outrepassent son contenu technique pour s'étendre à tous les domaines de l'anthropologie : économie, psychologie des individus, sociologie des pouvoirs et des classes sociales, philosophie en tant que technique de la pensée, métaphysique des valeurs et des choix fondamentaux.

samedi 22 février 2014

Ce qui n'est pas mesurable existe quand même

« If you've seen the phrase "if it's not measured, it doesn't exist" one too many times used in a nonironic, unthoughtful way, or even worse if you've said that phrase in a moment of triumphant triviality, then I hope I will convince you to cast a skeptical eye on how math and data are used in business »
(Cathy O'Neil. On Being a Data Skeptic. O'Reilly, 2014).

Notre bien-être, notre santé, nos amours, nos amitiés, la qualité de la nourriture, d'un livre, d'un film ou d'une musique : tout cela se sent, se conçoit, se vit, mais cela ne se mesure pas.

Je rencontre cependant des économistes, sociologues ou autres qui pensent que la démarche scientifique exige de s'appuyer toujours sur des statistiques – ou qui, du moins, se complaisent dans la position intellectuelle apparemment inexpugnable que cette exigence procure. « Si ce n'est pas mesuré, disent-ils, ça n'existe pas. »

J'ai entendu Bart van Ark et Jean-Marc Jancovici prononcer une phrase moins excessive mais qui revient pratiquement au même : « je ne sais pas raisonner sur un phénomène qui n'est pas mesuré ». Ces deux chercheurs font certes œuvre utile en compilant les sources existantes, mais ils font comme si ce que la statistique n'observe pas n'existait pas.

Toutes ces personnes savent pourtant sans doute raisonner, dans leur vie courante, sur des choses non mesurables, mais elles croient devoir mettre une frontière étanche entre la vie courante et la démarche scientifique.

Quand je le leur fais observer, elles protestent : « tu m'attribues un point de vue qui n'est pas le mien », disent-elles. Cela révèle qu'elles n'obéissent pas à l'exigence intime qui infère, de ce que l'on dit et de ce que l'on fait, la logique de ce que l'on pense.

Le fait est que la statistique a une histoire (je lui ai consacré ma thèse). A chaque époque elle observe ce que l'institution statistique a décidé d'observer selon sa conception des priorités, et il peut arriver que cette conception soit en retard sur les besoins de la société. Celui qui enferme sa pensée dans les limites de la statistique est donc semblable à celui qui cherche sa clé sous le réverbère parce que là, au moins, il y a de la lumière.

lundi 17 février 2014

L'automatisation dans l'histoire

(Exposé aux entretiens du nouveau monde industriel, 16 décembre 2013)

*     *

Dès l'antiquité, on voit la relation entre l'automatisation et le rapport social : quand c'est celui de l'esclavage, il n'est pas besoin d'économiser la main d’œuvre. Les automates sont utilisés pour les illusions du spectacle.

Avant le XVIIIe siècle, les machines étaient en bois – donc fragiles et imprécises. La mécanisation commence avec le tour de Vaucanson, l'automatisation commence avec le régulateur de Watt.

Le machinisme fait apparaître l'alliage de la main d’œuvre et de la machine, qui était resté jusqu'alors potentiel. Ce nouvel alliage fait émerger l'âge du machinisme, tout comme l'alliage du cuivre et de l'étain avait fait émerger l'âge du bronze.

Cet âge est celui de l'usine et de l'organisation hiérarchique, qui sacralise le pouvoir : avec le rapport social de la main d’œuvre, l'exécutant est considéré comme un appendice de la machine, un robot humanoïde dont seule l'apparence est humaine.

Taylor fait la théorie de ce rapport ; il est cependant beaucoup plus humain et respectueux envers la main d’œuvre que ne le sont ses contemporains et que ne le sera le taylorisme. Il faut le lire.

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L'ordinateur est un automate étrange, sans finalité particulière, apte à réaliser toutes les tâches qui peuvent être programmées. Pour concevoir cet automate programmable, il a fallu faire un étonnant effort d'abstraction.

L'internet a procuré l'ubiquité à la ressource informatique : l'ensemble de tous les ordinateurs, logiciels et réseaux forme un seul et gigantesque automate programmable ubiquitaire, accessible depuis partout, qui entoure le monde d'une doublure informationnelle.

Il réalise les promesses ancestrales de la magie : les effets de la distance sont supprimés sur le Web – et aussi dans le transport par containers. Des robots travaillent, des avions et des voitures se conduisent tout seuls, bientôt les aveugles verront, les sourds entendront, les paralytiques marcheront...

"Abracadabra" a été remplacé par "public static void main (String... args)", qui amorce la classe principale d'un programme en Java.

samedi 15 février 2014

Hugues Le Bret, NoBank, Les Arènes, 2013

Hugues Le Bret était le directeur de la communication de la Société Générale au moment de l'affaire Kerviel. Il a publié en 2010 son témoignage dans un livre, La semaine où Jérôme Kerviel a failli faire sauter le système financier mondial, qui décrit l'ambiance du comité exécutif et les réactions des personnes (Daniel Bouton, Philippe Citerne, Michel Pébereau, Nicolas Sarkozy) après la catastrophe qui a révélé la fragilité du système financier.

Ce système repose en effet sur la confiance. La confiance est une affaire d'image et l'image d'une banque peut s'effondrer en un instant, entraînant par le mécanisme des dominos les autres à sa suite : d'où l'importance de la communication.

Pour conserver une image favorable, les banques doivent tout faire pour paraître sérieuses et donner l'impression qu'elles font passer l'intérêt du client avant tout. Cette image étant fragile, elles veillent à ne rien faire qui puisse la mettre en danger.

Frédéric Oudéa a donc demandé à Le Bret de ne pas publier son livre. Le Bret l'a publié quand même, car il estimait devoir faire connaître au public la façon dont les choses se passent à la tête des grandes entreprises : il a dû démissionner de Boursorama, filiale de la Société Générale dont il était le président.

Le livre a du succès, mais Le Bret se retrouve sur le sable de la traversée du désert. Quand un dirigeant démissionne, les amis se font rares et les ceux auxquels il a rendu service lorsqu'il était puissant n'en conservent aucun souvenir.

Le Bret vit de l'épargne qu'il avait accumulée, le futur l'inquiète. Puis il décroche un contrat de conseil, un autre, enfin ses affaires redémarrent. C'est à ce moment-là qu'il fait la connaissance de Ryad Boulaouane et que l'aventure de NoBank commence.

Ryad Boulanouar est un ingénieur passionné par l'électronique et l'informatique. Il été le chef de projet du passe Navigo et le directeur technique du projet de porte-monnaie électronique Monéo. Il a l'idée d'un compte de paiement, NoBank, qui tirerait intelligemment parti de l'informatique pour simplifier la vie de l'utilisateur, le tenir au courant par SMS de la situation de son compte, et pour lequel les bureaux de tabac tiendraient lieu d'agence.

mardi 14 janvier 2014

La parole engage une responsabilité

L'affaire Dieudonné invite à s'interroger sur la liberté d'expression.

*     *

Un de mes amis respecte tellement la liberté d'expression qu'il s'estime libre, dit-il, de penser et de dire que la Terre est plate.

Mais penser et dire n'importe quoi, c'est tourner le dos à la science expérimentale. Je doute d'ailleurs qu'il dise que la Terre et plate lorsqu'il parle à ses enfants : ce serait de bien mauvaise pédagogie.

La liberté de pensée ne peut s'exercer que si elle respecte les exigences intimes du réalisme, de la pertinence et de la cohérence. Nier ces exigences, c'est supprimer la colonne vertébrale qui assure la tenue de la personne : c'est du laisser-aller.

Un laisser-aller apparent a pu être courageux dans des époques où la société était corsetée par un conformisme étroit, où il fallait aller à la messe chaque dimanche pour appartenir au bon milieu, où chacun devait s'habiller conformément à son statut social : on peut comprendre la rage qui a animé les surréalistes.

Mais nous n'en sommes plus là. Ce qui était naguère l'attitude courageuse d'un petit nombre de révoltés est devenu un nouveau conformisme : les conformistes d'aujourd'hui prennent la pose du rebelle alors que tout risque de réprobation a disparu.

Un de mes amis parle ainsi de la « grandeur de la folie » : il ignore certainement la profonde misère du malade mental, mais il juge élégant de se ranger parmi les personnes « cultivées » qui croient à la lettre tout ce qu'ont écrit les surréalistes. La même tournure d'esprit inspire le spectacle intitulé « c'est assez bien d'être fou » qui tourne ces jours-ci dans nos provinces. Dans les revues de mode des adjectifs « détraqué », « déjanté » sont autant d'éloges, l'admiration va à des « créateurs » manifestement déséquilibrés comme John Galliano.

La révolte antérieure est devenue un conformisme tellement pesant qu'il appelle une nouvelle révolte. Il faut se révolter aujourd'hui contre le laisser-aller, il faut un retour aux vertus que recommandait Epictète : dignité, réserve, droiture. Il faut cultiver l'exigence intime d'une tenue de la pensée et du corps.

*     *

Lorsqu'un Dieudonné chante les louanges de Pétain, promeut des négationnistes et tourne en dérision l'extermination des juifs par les nazis, il réveille une des hontes de notre nation : la loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs et ce qui s'en est suivi. Notre nation porte aussi d'autres hontes : participation à la traite des noirs, colonialisme, pratique de la torture pendant la guerre d'Algérie, excès du nationalisme, etc.

Aucune de ces hontes ne prête à rire, aucune ne peut donner matière aux plaisanteries d'un chansonnier : il faut plutôt s'appliquer à comprendre leurs causes et à les méditer de sorte que nous puissions dans le futur contenir celles de nos tendances qui les ont suscitées.

Les avocats, toujours soucieux de défendre la liberté de leurs clients, protestent contre la circulaire de Manuel Valls et la décision du conseil d'Etat. N'étant pas avocat mais simple citoyen, j'approuve que le pouvoir exécutif se soit engagé pour défendre notre République, que Dieudonné tentait de blesser.

mercredi 18 décembre 2013

Grégoire Chamayou, Théorie du drone, La fabrique, 2013

Grégoire Chamayou a fait le tour des drones tueurs : données techniques, origines historiques, débats en cours, inquiétudes pour l'avenir sont passés au crible d'une analyse conceptuelle rigoureuse.

Ce travail philosophique est écrit avec une clarté dont trop de philosophes ont perdu le secret. Son compas inclut comme il se doit la diversité des disciplines que son objet concerne : le métier des armes, l'histoire, l'économie etc.

L'arme de la logique, habilement maniée, se révèle redoutable pour les faussaires car Chamayou démasque avec une indignation froide la propagande que les partisans des drones habillent d'un vernis juridique ou éthique :
  • ils disent que les drones sont une arme éthique parce qu'étant parfaitement précises elle évite donc les dégâts collatéraux. Chamayou démontre que si le tir est en effet précis, l'identification des cibles ne peut pas l'être ;
  • ils disent que les pilotes des drones souffrent comme les autres soldats du stress post-traumatique, et qu'ils méritent donc autant de compassion que ceux qui exposent leur vie au combat. Les citations que publie Chamayou évoquent plutôt l'excitation du jeu vidéo.
En fait le drone tueur est l'aboutissement de la doctrine du « zéro mort » qui implique que le soldat tue beaucoup, y compris des civils, tout en ne prenant personnellement aucun risque : il se transforme alors en bourreau et en assassin, ce qui altère durablement sa personnalité et présente pour la société le risque d'une perversion durable.

Les drones tueurs qu'utilise si volontiers Obama sont ainsi une arme à retardement contre son propre pays : ils vont le confronter à des difficultés morales, juridiques, politiques plus graves encore que celles qu'a causées Guantanamo.

mercredi 11 décembre 2013

La main et le cerveau

Je dis souvent « dans l'iconomie le cerveau d’œuvre remplace la main d’œuvre » car les tâches répétitives que la main d’œuvre exécutait naguère sont automatisées : ne restent à accomplir que celles qui, n'étant pas répétitives, demandent du discernement, de l'initiative, l'interprétation des cas particuliers etc.

Mais un ami, artisan boulanger, m'a envoyé un courrier que je condense ici :

« La main et le cerveau sont complémentaires, je l'expérimente chaque jour. Mon activité d'artisan pourrait être prise en charge par des machines. Il « suffirait » de maîtriser une série de paramètres, de disposer d'un équipement sophistiqué mais concevable et d'y implémenter mon « savoir-faire ». Cela suppose un surcoût par rapport à l’investissement que j'ai réalisé et ce n'est pas anodin sur le plan social : le contrôle de la qualité des matières premières accentuerait la pression sur l'amont (meunier, agriculteur) et renforcerait leur industrialisation, ce qui entraînerait pour eux une perte du contact avec la nature et la matière. Bref, ce serait une intellectualisation de ces activités !

« Je trouve, dans l'harmonie entre la main et le cerveau, une source de développement personnel, voire spirituel. Qu'en serait-il face à des machines ou des systèmes experts ? Souvent leurs opérateurs n'y comprennent rien : ils se limitent à obéir à des injonctions ou à faire appel à une intervention technicienne éloignée. »

Cet ami a raison. Les pianistes, les chirurgiens, les sculpteurs etc. expérimentent sûrement eux aussi la richesse de la relation entre la main et le cerveau...

Je vois d'ailleurs l'intelligence et l'esprit d'initiative dont font preuve les artisans dans nos Cévennes : électriciens, plâtriers, maçons, plombiers, menuisiers sont capables d'inventer des solutions élégantes pour équiper ou réparer nos maisons si belles, mais dont les murs de schiste sont tout de guingois.

L'expression « main d’œuvre » ne désigne donc pas ces personnes car elles relèvent en fait, comme mon ami boulanger, du « cerveau d’œuvre ». Qu'est-ce donc que la « main d’œuvre » ?

Informatiser le travail répétitif

Il est tout simple de dire, comme je le fais, qu'il convient d'informatiser les tâches répétitives, mais cela demande des précisions et certaines sont subtiles.

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Dans Les temps modernes Charlot visse à répétition un boulon dans une pièce de métal. Même s'ils défilent devant lui, il s'agit en fait toujours du même boulon et de la même pièce car aucun changement n'intervient dans leur forme ni leur position. C'est l'exemple même du travail répétitif et il a un tel pouvoir hypnotique que Charlot, halluciné, poursuit avec sa clé à molette une dame dont le tailleur porte des boutons ayant la même forme que les boulons... Assurément il aurait mieux valu que son travail fût automatisé.

Mais considérons un tout autre exemple. Un médecin reçoit des patients l'un après l'autre, ce qui présente un caractère répétitif. Son travail est-il aussi répétitif que celui de Charlot ? Non, car ce n'est pas « toujours le même patient » qui entre dans son cabinet : il ne convient donc pas d'automatiser la médecine, même si l’informatique peut l'aider...

Ces deux exemples guident vers une définition qui semble claire : il convient d'informatiser les tâches qui se répètent toujours à l'identique.

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Quelle sera cependant la cadence de « répétition » qui permet de dire qu'un travail est « répétitif » ? Nous n'hésiterons pas à qualifier ainsi celui qu'il faut exécuter à l'identique toutes les minutes, toutes les cinq minutes etc., mais nous refuserons de le faire s'il doit n'être accompli qu'une fois tous les cinq ans. Entre ces extrêmes, existe-t-il un délai en dessous duquel on peut raisonnablement dire qu'un travail est répétitif ?

lundi 9 décembre 2013

Pour une informatisation à la française

Conférence le 4 décembre 2013 à l'Ecole Polytechnique lors de la 19ème Journée nationale d’Intelligence Economique d’Entreprise

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Les industries issues de la seconde révolution industrielle, fondées sur la mécanique, la chimie et l’énergie, subissent des crises répétées alors que l’ « iconomie », basée sur la généralisation de l’informatisation, n’est en est qu’à ses balbutiements.

Comme chaque révolution industrielle la troisième, celle de l'informatisation, a transformé notre rapport à la nature et donc la nature elle-même. Dans les entreprises, en effet, l'exécution des tâches répétitives physiques ou mentales est confiée à des automates : robots dans les usines, logiciels de classement et de recherche documentaire dans les cabinets d'avocats etc. Il en résulte que le cerveau d’œuvre remplace la main d’œuvre dans le système productif : les compétences requises sont profondément modifiées.

Le cerveau d’œuvre forme avec la ressource informatique (l'automate programmable ubiquitaire que constitue l'ensemble des ordinateurs, logiciels, documents et réseaux) un alliage qui, tout comme le fit en son temps le bronze (alliage du cuivre et de l'étain) concrétise dans les faits des propriétés jusqu'alors purement potentielles. Nous nommons « iconomie » (eikon, image, et nomos, loi) la société que cet alliage fait émerger. L'alliage du cuivre et de l'étain a fait émerger l'âge du bronze à la fin du néolithique : l'alliage du cerveau humain et de l'automate programmable fait émerger aujourd'hui l'âge de l'iconomie.

Une telle émergence provoque des phénomènes économiques, psychologiques et sociologiques imprévisibles : ils prennent les institutions par surprise car elles sont déconcertées devant les possibilités et les risques que comporte l'âge de l'iconomie. La conscience des risques est obscurcie par des craintes imaginaires (« trop d'information tue l'information ») ou par la portée structurelle attribuée abusivement à un phénomène conjoncturel (« l'automatisation tue l'emploi »).

L'automatisation du système productif confère à celui-ci un caractère hypercapitalistique : la conception d'un nouveau produit suppose en effet un investissement très lourd, puisqu'elle doit comporter la conception et la programmation des automates. Il en résulte que l'iconomie est l'économie du risque maximum : un seul échec commercial peut compromettre la survie de l'entreprise. L'iconomie est donc extrêmement violente car la tentation sera forte, parfois même irrésistible, de corrompre les acheteurs et d'espionner les concurrents. Dans ce monde-là il faut savoir se protéger et s'informer : l'intelligence économique s'impose.