samedi 8 septembre 2018

Stop au Macron-bashing

Il est facile de comprendre pourquoi les critiques envers Emmanuel Macron abondent. Il a éliminé la classe politique qui dirigeait jusqu'alors le pays : cela explique la haine dont il est l’objet, le fait que la dérisoire « affaire Benalla » ait été montée en épingle, la virulence des commentaires sur la démission de Nicolas Hulot ou sur les « hésitations » de Macron à propos du prélèvement à la source...

Tout ce qu’il fait, tout ce qu’il dit, même si ce sont des évidences comme lorsqu'il a parlé de notre tempérament de Gaulois, sera attaqué et interprété avec malveillance par ceux qu’il a vaincus à la loyale et qui tentent sournoisement de se venger en le ridiculisant, le déshonorant, le « tuant » dans l’esprit du public.

Participent à cette chasse à courre ceux des gens des médias qui ne conçoivent pas que l’on puisse agir sur des choses qui résistent : leur métier étant de communiquer, ils ne voient que de la « com’ » dans les paroles, les décisions, les actes.

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Avec les « hésitations » sur le prélèvement à la source, Macron me semble avoir fait une opération de saine gestion, chose dont la plupart des gens des médias n’ont aucune idée.

Il sait que toute opération informatique de grande taille connaît des incidents et peut même aboutir à une catastrophe : comment croire qu’après avoir raté Louvois aux Armées, SIRHEN à l’Éducation nationale, l’Opérateur national de paie au Budget, etc., on puisse réussir du premier coup le prélèvement à la source ?

Il sait aussi que les incidents seront exploités par ceux qui veulent se venger de son élection, qu’ils les travestiront en catastrophe pour lui en faire « porter le chapeau ».

Alors il a exprimé des doutes et demandé des garanties. Les « gens de Bercy », se disant offensés par ses doutes, se sont drapés dans leur dignité et lui ont donné ces garanties. Si des incidents se produisent (il s’en produira !), ce sont eux maintenant qui « porteront le chapeau » et ils le savent. L’effet des « hésitations » de Macron, c’est qu'ils « serrent les fesses » : ils doivent oublier leurs exquises rivalités entre personnes et entre services, être solidaires devant le danger, vérifier et revérifier enfin le système pour éviter la catastrophe et limiter les incidents.

Leur faire ainsi sentir à plein le poids de leur responsabilité, c’est de la pure et simple gestion classique : que n’a-t-on fait de même pour Louvois !

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Je ne suis pas impressionné par les « hauts fonctionnaires », par les inspecteurs des finances : plusieurs d’entre eux ont provoqué des catastrophes (Haberer, Messier, etc.). Je me méfie aussi des financiers car beaucoup se comportent en prédateurs et non en producteurs.

Mais qu’est-ce qui nous prouve que Macron est l’un d’entre eux ? Ne peut-on pas attendre les résultats de son action avant de la juger ?

Les politiques d’avant, ceux qui s’efforcent maintenant de le « tuer », ne connaissaient rien à la finance et en avaient peur. Avoir un président qui s’y connaît est une chance. Il a fallu un moine, Luther, pour réformer l’Église, et un général, de Gaulle, pour ramener l’Armée à la raison : seul un financier peut contenir la prédation financière.

N’étant pas un devin, je ne sais pas si Macron sera le réformateur dont notre société et notre économie ont besoin, ou s’il ne sera que le pâle technocrate, voire le prédateur que dénoncent ceux qui veulent sa peau. Mais enfin il a été élu, il est président de la République, le parti qu’il a créé dispose de la majorité à l’Assemblée nationale, et le courage qu’il a manifesté dans sa vie personnelle inspire le respect.

Ceux qui le critiquent, et qui voudraient tant être à sa place, ne valent pas mieux que les gens qui l’ont précédé et qui nous ont plongés dans la crise. Nous n’avons plus rien à perdre : alors, foutu pour foutu, autant miser sur lui, ou du moins lui donner sa chance. À quoi servirait de le démolir ?

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