lundi 20 février 2017

L'iconomie

(Ce texte est une annexe à la Lettre ouverte aux candidats à l'élection présidentielle).

Le « numérique », le « cyber », l'« intelligence artificielle », le « big data », l'« internet des objets », etc., sont autant de manifestations de l'informatisation. L'iconomie est le schéma d'une société et d'une économie informatisées par hypothèse efficaces.

Ce schéma offre un repère pour orienter la politique économique de l'État et la stratégie des entreprises. L'institut de l'iconomie s'emploie à le développer afin de mettre en évidence les conditions nécessaires de l'efficacité. En voici les principaux éléments :

Cerveau d’œuvre

* Dans l'iconomie les tâches répétitives physiques ou mentales sont automatisées.

* L'activité des agents se concentre sur les tâches qui exigent créativité et discernement : conception des produits et ingénierie de leur production d'une part, services aux consommateurs et utilisateurs d'autre part.

* La conception et la programmation des automates, activités humaines, accumulent une « intelligence artificielle » que le système d'information associe dans l'action productive aux initiatives des agents. L'« être humain augmenté », unité de base des organisations, s'appuie ainsi sur la synergie du cerveau humain et de la ressource informatique.

* La main d'oeuvre est remplacée par le cerveau d'œuvre auquel l'entreprise reconnaît la légitimité (droit à l'erreur, droit à l'écoute) qui correspond aux responsabilités qu'elle lui délègue. L'iconomie est une économie de la compétence et la synergie des compétences individuelles s'appuie sur le système d'information.

Monopoles temporaires

* Les contraintes qu'imposent l'espace et le temps sont pratiquement abolies car le manteau de la ressource informatique s'étend instantanément sur le monde entier.

* L'iconomie est une économie de la qualité, la concurrence se faisant selon le rapport « qualité subjective/prix ». Le marché de chaque produit obéit au régime de la concurrence monopolistique : chaque entreprise définit les attributs qualitatifs de son produit afin de conquérir un monopole temporaire sur un segment mondial des besoins.

* Chaque produit est un assemblage de biens et de services, ou de services seulement. La plupart des produits sont élaborés par un partenariat d'entreprises. Le système d'information assure la cohésion des biens et services ainsi que l'interopérabilité du partenariat. La qualité d'un produit dépend principalement de celle des services qu'il comporte.

* Alors que les besoins des consommateurs et utilisateurs peuvent être saturés en termes de quantité, ils n'ont aucune limite en termes de qualité : le potentiel de la croissance qualitative est donc illimité. Elle respecte les exigences de l'écologie.

* Le système éducatif s'ajuste avec souplesse pour former les compétences nécessaires à la conception des produits et à la qualité des services. Il accorde une place importante à l'enseignement de l'informatique.

* Le plein emploi étant assuré, la société s'appuie sur une classe moyenne nombreuse.

Régulation des risques

* L'essentiel du coût de production des biens réside dans la conception et la programmation des automates. Cet investissement étant effectué avant que le produit ne soit mis sur le marché, l'iconomie est l'économie du risque maximum.

* La régulation de l'iconomie maîtrise la violence de la concurrence monopolistique et anime la croissance qualitative en réglant la durée des monopoles temporaires.

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