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lundi 7 février 2011

Les effets d'un modèle erroné

Beaucoup d'entreprises, notamment artisanales (je pense aux pâtissiers, boulangers etc.), calculent le coût de production de leurs produits en multipliant le coût des matières premières par un coefficient, lui-même évalué à partir de la comptabilité générale en divisant le coût total de production (frais de personnel, amortissements, matières premières etc.) par le coût des matières premières.

Cette évaluation est facile à faire mais elle a des effets pervers : elle pousse l'entreprise à « faire des économies » sur les matières premières. Ainsi les croissants au beurre seront parfois de ces croissants à la margarine qui laissent une sensation désagréable sur le palais...

lundi 5 juillet 2010

Le conflit entre la comptabilité et l'économie

La plupart des économistes ont été formés à l'école de la macroéconomie et leurs raisonnements s'appuient sur les données de la comptabilité nationale. Mais que valent-elles ?

Les pionniers de la compta nat ont voulu établir, à l'échelle d'un pays, des comptes analogues à ceux que la comptabilité tout court fournit à l'entreprise. Mais l'économiste doit se méfier des données comptables car elles obéissent à des conventions qui, incorporant des hypothèses implicites, risquent d'emprisonner son raisonnement.

J'ai vu cela dans les entreprises où j'ai travaillé et, par exemple, lorsque j'ai évalué la part des avions dans la fonction de coût d'Air France. Un modèle avait permis d'estimer le coût annuel de la flotte mais les données comptables indiquaient un coût beaucoup plus faible : dans la rubrique « coût des avions », la comptabilité n'avait classé que l'équivalent annuel du coût de leur achat. Or certains avions étaient loués et le coût de leur location était classé à la rubrique « travaux, fournitures et services extérieurs ».

samedi 8 mai 2010

Un indicateur fallacieux

English version

Ce texte fait partie de la série Le chemin vers l'abîme.

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On dit « la dette de la Grèce » (ou « de l'Espagne », « de la France » etc.) alors que l'on parle de la dette de l'État grec, espagnol, français. Or l'endettement d'un État et celui d'un pays sont deux choses complètement différentes.

On évalue en outre le niveau d'endettement d'un État par le ratio « dette brute / PIB », choisi lors des accords de Maastricht. Ce ratio est une chimère, un monstre conceptuel car il compare un stock d'un acteur (le niveau de la dette brute d'un État) à un flux d'un autre acteur (la production annuelle d'un pays, mesurée par le PIB). Nous avions pourtant appris à l'école primaire que toute proportion doit porter sur des choses de nature comparable (« il ne faut pas diviser des poireaux par des navets », disaient nos instituteurs). On s'étonne de voir tant d'économistes disserter doctement sur cet indicateur alors qu'il ne peut qu'égarer leur jugement.