lundi 18 mai 2009

William D. Cohan, House of cards, Doubleday, 2009

Dans The Last Tycoons, Cohan avait décrit l'histoire de la banque Lazard. Ici il décrit celle de Bear Stearns.

On lit sur la jaquette du livre "Cohan's explanation of seemingly arcane subjects like credit default swaps and fixed-income securities is masterful and crystal-clear". Pourtant je n'ai pas trouvé de telles explications dans ce livre. Il faut les chercher ailleurs.

Alors que The Last Tycoons donnait un peu de place à la description des opérations de fusion-acquisition, House of Cards est exclusivement consacré à des phénomènes psychologiques - qu'il s'agisse du caractère des personnes, de leurs relations, ou des avatars de la crédibilité d'une entreprise - Bear Stearns en l'occurrence.

Ce n'est pas inintéressant, mais on aimerait en savoir plus. Si, par exemple, les traders utilisent des modèles mathématiques sophistiqués, en quoi ces modèles consistent-ils ? Quelle influence ont-ils sur la façon dont ces traders perçoivent leur métier, se représentent les opportunités ?

Il existe, en effet, une relation entre la psychologie d'une personne et les techniques qu'elle utilise. L'action obéit à des motivations intimes mais elle se construit nécessairement dans l'espace que lui offre le possible physique, pratique, technique. On ne peut donc pas tout expliquer par le goût du pouvoir et l'avidité - même si, bien sûr, ces facteurs-là existent.

Cette dialectique, admirablement présentée dans La chair et l'acier de Michel Goya, est malheureusement absente ici.

La lecture de ce livre n'est cependant pas inutile. On éprouve, on partage le vertige des dirigeants de Bear Stearns lorsque en 2008 le sol s'effondre sous leurs pieds avec l'évaporation de la crédibilité de leur entreprise.

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