Henri Atlan, biologiste et philosophe, a publié dans la rubrique "Débats" du Monde du 29 mars 2010 un article intitulé "La religion de la catastrophe". J'ai éprouvé durant sa lecture un malaise semblable à celui qu'avait causé celle de Claude Allègre, et ce malaise est tellement pénible que j'ai réfléchi un moment pour l'analyser.
Qu'est-ce qui me rend donc allergique aux écrits de ceux qui nient soit la réalité du réchauffement climatique, soit la responsabilité humaine, soit les deux ? Je ne suis pas un inconditionnel de l'écologie, je ne suis pas de ceux qui aimeraient que l'espèce humaine s'éteignît pour que soit restaurée la virginité de la nature, ni de ceux qui disent souhaiter la décroissance (voir "Une ressource naturelle inépuisable"). Je ne suis pas un spécialiste du climat et n'ai, dans cette affaire, aucun intérêt de carrière ni d'amour-propre.
Mais je sais lire et j'utilise, pour évaluer mes lectures, le petit bon sens que les années ont accumulé. Il me sert à détecter l'erreur, la fraude, le manque de sérieux, et aussi à repérer les textes de haute qualité. Le bon sens est un outil fragile, dira-t-on : peut-être, mais c'est le mien et j'y tiens beaucoup.
mardi 30 mars 2010
jeudi 11 mars 2010
Il faut que l'Internet devienne un pays
L'Internet a ouvert un nouvel espace qui ne relève pas de la géographie, ignore les frontières des États et prend une place croissante dans notre vie mentale et pratique (voir "Explorer l'espace logique").
Une économie spécifique s'y déploie avec de nouvelles formes de production, de propriété, d'échange, d'intermédiation. La cybercriminalité est elle aussi inventive : piraterie, espionnage, sabotage, escroquerie, vol d'identité, blanchiment d'argent etc. On évoque même de nouvelles formes de guerre.
Comme toute société, comme toute économie celle-ci a besoin de règles et, pour les faire respecter, d'un appareil judiciaire convenable. Mais les États sont divisés. Leurs législations sont diverses et presque toutes déficientes car ils ont été pris de court par l'émergence du nouvel espace. Les CNIL nationales négocient pour définir des règles communes mais l'inertie des habitudes se conjugue aux différences culturelles pour freiner ou bloquer.
Ne faudra-t-il pas en venir à considérer l'Internet comme un "pays" - un pays situé dans un espace qui n'est pas l'espace géographique ?
Une économie spécifique s'y déploie avec de nouvelles formes de production, de propriété, d'échange, d'intermédiation. La cybercriminalité est elle aussi inventive : piraterie, espionnage, sabotage, escroquerie, vol d'identité, blanchiment d'argent etc. On évoque même de nouvelles formes de guerre.
Comme toute société, comme toute économie celle-ci a besoin de règles et, pour les faire respecter, d'un appareil judiciaire convenable. Mais les États sont divisés. Leurs législations sont diverses et presque toutes déficientes car ils ont été pris de court par l'émergence du nouvel espace. Les CNIL nationales négocient pour définir des règles communes mais l'inertie des habitudes se conjugue aux différences culturelles pour freiner ou bloquer.
Ne faudra-t-il pas en venir à considérer l'Internet comme un "pays" - un pays situé dans un espace qui n'est pas l'espace géographique ?
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dimanche 7 mars 2010
Instruire et informer
Le langage courant, usé comme une vieille chaussure, ne favorise pas le discernement : "Instruire", "éduquer", "enseigner", "former" sont pour lui des synonymes interchangeables - si une nuance subsiste entre eux, elle est administrative et non linguistique.
C'est pourquoi il est utile de revenir à l'étymologie, voire même de remonter jusqu'au contenu philosophique des éléments qu'elle utilise.
Ainsi "instruire", c'est donner une structure. La structure d'un bâtiment, ce sont les murs porteurs et la charpente qui lui confèrent sa solidité ; une fois la structure en place il reste beaucoup à faire pour que le bâtiment soit utilisable : toiture, cloisons, menuiserie, réseaux, mobilier etc. De même la structure d'une personne, c'est ce qui lui confère sa solidité mais celle-ci ne suffit pas : il faut encore que la personne instruite soit formée.
Par "forme" le langage courant désigne l'apparence d'un objet (il sera grand, petit, rond, carré etc.) par opposition d'une part à la matière dont il est fait, d'autre part à la fonction qu'il sert. Pour comprendre ce que veut dire "former" quand on considère une personne il faut remonter au sens originel : la "forme", dans une philosophie qui s'inspire d'Aristote, c'est l'"essence" d'un être et celle-ci s'exprime par une définition. Selon cette acception la forme d'un cercle est non pas d'être rond, mais d'être dans un plan l'ensemble des points équidistants d'un point donné (ou de façon équivalente : la figure qui entoure la plus grande surface pour un périmètre donné, l'ensemble des points qui voient sous le même angle un même segment de droite etc.).
C'est pourquoi il est utile de revenir à l'étymologie, voire même de remonter jusqu'au contenu philosophique des éléments qu'elle utilise.
Ainsi "instruire", c'est donner une structure. La structure d'un bâtiment, ce sont les murs porteurs et la charpente qui lui confèrent sa solidité ; une fois la structure en place il reste beaucoup à faire pour que le bâtiment soit utilisable : toiture, cloisons, menuiserie, réseaux, mobilier etc. De même la structure d'une personne, c'est ce qui lui confère sa solidité mais celle-ci ne suffit pas : il faut encore que la personne instruite soit formée.
Par "forme" le langage courant désigne l'apparence d'un objet (il sera grand, petit, rond, carré etc.) par opposition d'une part à la matière dont il est fait, d'autre part à la fonction qu'il sert. Pour comprendre ce que veut dire "former" quand on considère une personne il faut remonter au sens originel : la "forme", dans une philosophie qui s'inspire d'Aristote, c'est l'"essence" d'un être et celle-ci s'exprime par une définition. Selon cette acception la forme d'un cercle est non pas d'être rond, mais d'être dans un plan l'ensemble des points équidistants d'un point donné (ou de façon équivalente : la figure qui entoure la plus grande surface pour un périmètre donné, l'ensemble des points qui voient sous le même angle un même segment de droite etc.).
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mercredi 3 mars 2010
L'axiome de Smith
La pensée d'Adam Smith s'appuie sur un axiome fondamental qu'il énonce dans le livre IV, chapitre 8 de La richesse des Nations et qui, comme d'autres passages cités ci-dessous, mérite de l'être en anglais puis en français :
« Consumption is the sole end and purpose of all production; and the interest of the producer ought to be attended only so far as it may be necessary for promoting that of the consumer. The maxim is so perfectly self-evident that it would be absurd to attempt to prove it. »
« La consommation est le seul but de la production et les intérêts du producteur ne doivent être respectés que dans la mesure où c'est nécessaire pour promouvoir ceux du consommateur. Cette maxime est tellement évidente qu'il serait absurde de tenter de la démontrer. »
Une « maxime tellement évidente qu'il serait absurde de tenter de la démontrer », c'est un axiome, proposition dont on postule la vérité pour en déduire une théorie – ici la science économique dont Smith est le génial créateur.
Il l'oriente ainsi tout entière vers l'intérêt du consommateur. Mais qui est donc celui qui doit veiller à promouvoir les intérêts du consommateur, à leur soumettre ceux du producteur ?
« Consumption is the sole end and purpose of all production; and the interest of the producer ought to be attended only so far as it may be necessary for promoting that of the consumer. The maxim is so perfectly self-evident that it would be absurd to attempt to prove it. »
« La consommation est le seul but de la production et les intérêts du producteur ne doivent être respectés que dans la mesure où c'est nécessaire pour promouvoir ceux du consommateur. Cette maxime est tellement évidente qu'il serait absurde de tenter de la démontrer. »
Une « maxime tellement évidente qu'il serait absurde de tenter de la démontrer », c'est un axiome, proposition dont on postule la vérité pour en déduire une théorie – ici la science économique dont Smith est le génial créateur.
Il l'oriente ainsi tout entière vers l'intérêt du consommateur. Mais qui est donc celui qui doit veiller à promouvoir les intérêts du consommateur, à leur soumettre ceux du producteur ?
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lundi 1 mars 2010
La prime à l'escroc
Claude Allègre a encore frappé : alors que Ma vérité sur la planète est toujours empilé sur les tables des libraires, voici L'imposture climatique.
J'ai lu avec intérêt les commentaires des lecteurs de l'article du Monde, "Le cent fautes de Claude Allègre" : ceux qui approuvent Allègre sont en minorité, mais ils sont tout de même nombreux.
L'art de l'escroquerie résidant tout entier dans la séduction, celui qui ne sait pas séduire est contraint de rester honnête. Le séducteur habile, par contre, sera vulnérable à la tentation.
L'escroquerie se pratique sur divers terrains : le terrain financier bien sûr, mais aussi les terrains affectif, professionnel, intellectuel. L'escroc intellectuel en impose par ses diplômes, ses titres universitaires, ses publications. Il séduit par son style, par une apparence d'originalité et de courage.
J'ai lu avec intérêt les commentaires des lecteurs de l'article du Monde, "Le cent fautes de Claude Allègre" : ceux qui approuvent Allègre sont en minorité, mais ils sont tout de même nombreux.
* *
L'art de l'escroquerie résidant tout entier dans la séduction, celui qui ne sait pas séduire est contraint de rester honnête. Le séducteur habile, par contre, sera vulnérable à la tentation.
L'escroquerie se pratique sur divers terrains : le terrain financier bien sûr, mais aussi les terrains affectif, professionnel, intellectuel. L'escroc intellectuel en impose par ses diplômes, ses titres universitaires, ses publications. Il séduit par son style, par une apparence d'originalité et de courage.
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dimanche 28 février 2010
Un commentaire sur De l'Informatique
Le CNAM publie des fiches de lecture intéressantes.
J'ai eu le plaisir d'y découvrir l'analyse fouillée de De l'Informatique par MM. Gil Derudet et Yvon Pesqueux. J'ai mis en ligne ce document .doc : vous pouvez le télécharger en cliquant sur le lien ci-dessus.
Le lire m'a fait un drôle d'effet car j'ai eu l'impression de me voir dans un miroir et de ne pas m'y reconnaître. Ce n'est pas que l'analyse soit fausse -
au contraire, elle me semble pertinente : c'est moi qui ne sais pas voir.
Quand vous écrivez un livre, vous êtes enfermé dans une réflexion qui lutte avec les faits dont elle tente de rendre compte. Du coup vous êtes incapable de vous voir (ou de vous imaginer vu) de l'extérieur, et lorsque une image vous est renvoyée elle vous paraît étrangère.
MM. Derudet et Pesqueux semblent avoir apprécié De l'Informatique et cela me fait plaisir. Dans la partie "discussion et critiques" de leur texte ils relèvent mes redites somnifères : j'ai eu beau me lire et relire, je ne suis pas parvenu à les supprimer toutes. Ils notent aussi mon goût pour les belles courbes, que ce soit en mathématiques ou ailleurs.
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jeudi 25 février 2010
Raymond Aron, Penser la guerre, Clausewitz, Gallimard, 1976
Tout le monde sait que Clausewitz est un auteur militaire. Mais il est aussi et surtout, à ma connaissance, le premier penseur qui se doit intéressé à l'articulation entre la pensée et l'action - le premier et peut-être le seul, car les penseurs s'intéressent plus à la pensée elle-même qu'à l'action dont la complexité les rebute.
Il est compréhensible que cette articulation ait attiré l'attention d'un militaire : c'est dans la guerre, en effet, que ses exigences se manifestent de la façon la plus impérative. Le stratège, le tacticien, doivent agir sous la pression de l'urgence, sans disposer de toutes les informations nécessaires, dans un contexte où l'enjeu est littéralement de vie ou de mort.
Dans de telles conditions leur action ne peut pas être purement rationnelle : elle relève de l'art plus que de la science. Le fait est cependant que certaines personnes, certains stratèges, savent agir avec justesse dans l'urgence et le brouillard du combat : on dit que ceux-là possèdent le « coup d'œil ».
Quelles sont donc les qualités du bon général, du bon stratège ? Il faut qu'il ait du sang-froid mais cela ne suffit pas : il faut aussi qu'il possède certains procédés de pensée qui permettent de se représenter la situation, d'anticiper les conséquences des diverses actions possibles, de choisir enfin la décision adéquate - et tout ceci dans l'instant, en interprétant ce qu'il voit et en devinant ce qu'il ne voit pas.
Cela demande sans doute un talent particulier mais le talent n'y suffirait pas : il faut encore et comme dans tous les arts que ce talent ait été fécondé par une formation qui ne peut porter de fruits que si celui qui la reçoit s'y intéresse passionnément et de toute sa volonté.
La pensée du stratège procède, comme toute autre pensée, par concept, modélisation, hypothèse et déduction. Mais contrairement à la pensée qui s'explicite dans des paroles, la sienne se condense dans une décision à laquelle seule il accorde de la valeur : elle lui semble évidente et il oublie instantanément le raisonnement qu'il a bâti pour la construire.
Cela demande sans doute un talent particulier mais le talent n'y suffirait pas : il faut encore et comme dans tous les arts que ce talent ait été fécondé par une formation qui ne peut porter de fruits que si celui qui la reçoit s'y intéresse passionnément et de toute sa volonté.
La pensée du stratège procède, comme toute autre pensée, par concept, modélisation, hypothèse et déduction. Mais contrairement à la pensée qui s'explicite dans des paroles, la sienne se condense dans une décision à laquelle seule il accorde de la valeur : elle lui semble évidente et il oublie instantanément le raisonnement qu'il a bâti pour la construire.
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mercredi 17 février 2010
Les systèmes d'information des services publics
Voici le lien vers le texte écrit du cours de quatre heures que j'ai donné à l'aimable invitation de Pierre Musso, le 17 février, à l'école des Mines, devant les ingénieurs élèves des Mines et des Télécoms :
http://www.volle.com/travaux/coursmines.pdfLe cours porte sur les systèmes d'information des services publics. Ce thème d'apparence anodine rassemble deux des questions les plus importantes de notre époque : que doit être le rôle de l'État dans l'économie, quel est le périmètre légitime du service public ? En quoi consiste cette informatisation qui transforme les institutions et jusqu'à la vie familiale ?
Je ne prétends pas être parvenu à un texte parfait et les remarques des lecteurs me seront utiles.
La rédaction préliminaire des quatre premiers chapitres concerne l'histoire vue dans ses très grandes lignes, les institutions (dont l'entreprise), le domaine légitime du service public et enfin les doctrines concernant celui-ci (totalitarisme, néo-libéralisme, saint-simonisme).
Lors du prochain cours, le 13 avril, je parlerai du phénomène de l'informatisation et de la dynamique des systèmes d'information. Puis je passerai à la deuxième partie du cours, qui est consacrée à des études de cas, en évoquant l'informatisation du système éducatif.
Lors du troisième et dernier cours, le 18 mai, je compte présenter d'autres études de cas dont voici la liste préliminaire : système de santé, système législatif, système judiciaire, régulation des télécoms.
Je tente ainsi de donner des outils à ces futurs dirigeants de l'économie française, afin que leur génération puisse corriger les erreurs qu'a commises la mienne et celles qui se commettent aujourd'hui.
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jeudi 4 février 2010
La chute des grandes maisons
Dans un article récent, Dick Brass annonce la chute de la maison Microsoft ("Microsoft's Creative Destruction", The New York Times, 4 février 2010). Les phénomènes qu'il décrit me rappellent les épisodes amers qui annonçaient la chute de la maison France Telecom : mêmes causes, mêmes effets, même mécanisme...
Comment se fait-il, dit Brass, que ce ne soit pas Microsoft, la plus célèbre et la plus prospère des entreprises américaines dans les TIC, qui ait conçu l'iPad, le Kindle, Google, le BlackBerry et l'iPhone, l'iPod et iTunes, Facebook et Twitter ?
Ce n'est pas par manque de chercheurs et d'ingénieurs compétents : Microsoft possède, en interne, toutes les ressources qui auraient pu lui permettre de réaliser, bien avant les autres, les innovations ci-dessus. Des produits analogues ont d'ailleurs en fait été conçus et mis au point chez Microsoft, mais ils ont été rejetés par une organisation qui décourage l'innovation : les directions en place se sentent menacées lorsqu'une équipe propose un nouveau produit, alors elles font tout pour faire échouer le projet.
Comment se fait-il, dit Brass, que ce ne soit pas Microsoft, la plus célèbre et la plus prospère des entreprises américaines dans les TIC, qui ait conçu l'iPad, le Kindle, Google, le BlackBerry et l'iPhone, l'iPod et iTunes, Facebook et Twitter ?
Ce n'est pas par manque de chercheurs et d'ingénieurs compétents : Microsoft possède, en interne, toutes les ressources qui auraient pu lui permettre de réaliser, bien avant les autres, les innovations ci-dessus. Des produits analogues ont d'ailleurs en fait été conçus et mis au point chez Microsoft, mais ils ont été rejetés par une organisation qui décourage l'innovation : les directions en place se sentent menacées lorsqu'une équipe propose un nouveau produit, alors elles font tout pour faire échouer le projet.
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mardi 2 février 2010
Denis Robert et Laurent Astier, L'affaire des Affaires, Dargaud, 2009
L'affaire Clearstream dont les journaux nous parlent d'abondance, et qui révèle à qui l'ignorait le caractère vindicatif de notre président, n'est que la suite d'une autre affaire Clearstream autrement plus importante mais dont les journaux ont peu parlé - sans doute étaient-ils intimidés ?
C'est de cette affaire que nous parle Denis Robert, le courageux journaliste à qui nous devons Révélation$, La boîte noire, La domination du monde et quelques autres ouvrages.
Ici il s'agit d'une bande dessinée. C'est un merveilleux outil de communication. Voir (fort bien représentés) les visages des protagonistes, leurs mimiques, voir les façades des immeubles, cela aide à "réaliser" ce que dit l'auteur, à comprendre que c'est réel, à partager ses émotions - et elles sont vives.
Au passages, quelques portraits peu flatteurs : Juncker, premier ministre d'un paradis fiscal drapé dans sa vertu ; Trichet, qui ne veut rien entendre. Tout le monde prend Robert pour un fou...
C'est de cette affaire que nous parle Denis Robert, le courageux journaliste à qui nous devons Révélation$, La boîte noire, La domination du monde et quelques autres ouvrages.
Ici il s'agit d'une bande dessinée. C'est un merveilleux outil de communication. Voir (fort bien représentés) les visages des protagonistes, leurs mimiques, voir les façades des immeubles, cela aide à "réaliser" ce que dit l'auteur, à comprendre que c'est réel, à partager ses émotions - et elles sont vives.
Au passages, quelques portraits peu flatteurs : Juncker, premier ministre d'un paradis fiscal drapé dans sa vertu ; Trichet, qui ne veut rien entendre. Tout le monde prend Robert pour un fou...
dimanche 31 janvier 2010
La dissémination des valeurs
Le téléspectateur, vautré sur son canapé, avale les images comme une boisson sucrée. Mais ce qui s'infiltre ainsi en lui est insidieux. Le commentaire, répété, finit par se classer parmi les évidences.
Secouons-nous pour écouter : nous voyons alors clairement les valeurs que les médias s'efforcent d'injecter dans nos cervelles.
L'effondrement d'un immeuble à Liège (9 morts) est ainsi un "accident spectaculaire". Guy Debord avait raison de dire que nous formions la "société du spectacle" : la télévision offre la mort d'autrui en spectacle au spectateur vautré.
Mais il y a mieux, ou plutôt pire. France 24, sous la rubrique environnement, montre un bébé qui vient de naître à l'Hôtel Dieu de Paris. "Il n'a que six heures, dit le commentateur que je cite et résume de mémoire, et il est le plus grand danger pour la planète : nous serons 9 milliards en 2050 et la planète ne pourra pas nourrir tout le monde". La même émission décrit, quelques instants après, les efforts des Chinois pour préserver les cigognes noires et les tigres, deux espèces en voie de disparition.
Secouons-nous pour écouter : nous voyons alors clairement les valeurs que les médias s'efforcent d'injecter dans nos cervelles.
L'effondrement d'un immeuble à Liège (9 morts) est ainsi un "accident spectaculaire". Guy Debord avait raison de dire que nous formions la "société du spectacle" : la télévision offre la mort d'autrui en spectacle au spectateur vautré.
Mais il y a mieux, ou plutôt pire. France 24, sous la rubrique environnement, montre un bébé qui vient de naître à l'Hôtel Dieu de Paris. "Il n'a que six heures, dit le commentateur que je cite et résume de mémoire, et il est le plus grand danger pour la planète : nous serons 9 milliards en 2050 et la planète ne pourra pas nourrir tout le monde". La même émission décrit, quelques instants après, les efforts des Chinois pour préserver les cigognes noires et les tigres, deux espèces en voie de disparition.
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mercredi 27 janvier 2010
Retour (pénible) sur notre histoire
Un entrefilet du Monde m'a fait sursauter : la préfecture de Police de Paris a cru devoir, sur la base d'une règlementation étrange, mettre en doute la nationalité d'Anne Sinclair (voir son témoignage).
Ainsi il est demandé à chacun de prouver qu'il est bien français : ceux qui pour une raison ou une autre (papiers perdus etc.) ne pourront pas apporter cette preuve seront-ils dépouillés d'une qualité qui leur avait toujours été reconnue ?
Cela rappelle le régime de Vichy, qui a déchu de nombreuses personnes de la nationalité française (entre autres : De Gaulle, Leclerc et Mendès-France...).
Ainsi il est demandé à chacun de prouver qu'il est bien français : ceux qui pour une raison ou une autre (papiers perdus etc.) ne pourront pas apporter cette preuve seront-ils dépouillés d'une qualité qui leur avait toujours été reconnue ?
Cela rappelle le régime de Vichy, qui a déchu de nombreuses personnes de la nationalité française (entre autres : De Gaulle, Leclerc et Mendès-France...).
mercredi 20 janvier 2010
Connaître ou apprendre ?
Nous avons l'habitude de vivre sur un capital acquis. Dans notre jeunesse, nous "faisons des études". Si nous sommes de bons élèves, bien appliqués, bien studieux, nous arrivons à grimper jusqu'à l'entrée dans une grande école (je dis bien l'entrée, car une fois dedans il n'y a plus beaucoup d'efforts à faire pour avoir le diplôme) ou jusqu'à l'honorable titre de docteur en quelque chose.
On a été formé en passant par les meilleures filières, on a eu 18 alors que les autres avaient 12 : donc on est meilleur qu'eux pour la vie durant.
Mais un capital de connaissance s'use si l'on ne s'en sert pas. J'ai connu à l'INSEE de grands chefs qui n'auraient plus été capables de calculer un écart-type, j'ai rencontré beaucoup de dirigeants qui avaient oublié jusqu'aux premiers éléments de la physique et des maths. Cela n'a aucune importance, pensaient-ils : on n'a plus besoin de connaître ces choses-là quand on dirige les autres, ceux qui savent.
Les titres de noblesse péniblement acquis lors de la formation initiale - énarque, polytechnicien, centralien, sup-élec, agrégé etc. - sont, pense-t-on, accompagnés d'une grâce d'état. Pour le restant de la vie, on en sait assez.
On a été formé en passant par les meilleures filières, on a eu 18 alors que les autres avaient 12 : donc on est meilleur qu'eux pour la vie durant.
Mais un capital de connaissance s'use si l'on ne s'en sert pas. J'ai connu à l'INSEE de grands chefs qui n'auraient plus été capables de calculer un écart-type, j'ai rencontré beaucoup de dirigeants qui avaient oublié jusqu'aux premiers éléments de la physique et des maths. Cela n'a aucune importance, pensaient-ils : on n'a plus besoin de connaître ces choses-là quand on dirige les autres, ceux qui savent.
Les titres de noblesse péniblement acquis lors de la formation initiale - énarque, polytechnicien, centralien, sup-élec, agrégé etc. - sont, pense-t-on, accompagnés d'une grâce d'état. Pour le restant de la vie, on en sait assez.
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mardi 5 janvier 2010
Lorraine Data, Le grand truquage, La découverte, 2009
La plupart des données qui peuvent intéresser le citoyen font l’objet d’une présentation fallacieuse : Lorraine Data, pseudonyme collectif choisi par des agents de l’INSEE, dénonce la manipulation des données relatives au pouvoir d’achat et à la pauvreté, à l’emploi et aux heures supplémentaires, à l’éducation, l’immigration et enfin la délinquance.
La qualité des statistiques, tout comme la qualité des archives, est un sûr indicateur de la maturité d'une nation. Une nation qui ne se soucie pas de s'observer elle-même ni d’observer sa propre histoire, et qui s'en remet donc à des mythes en guise de connaissance, ne peut pas en effet accéder à la maturité politique ni maîtriser son destin. Dans le concert diplomatique, elle s'exprimera de façon infantile et capricieuse : sa parole n'ayant aucune autorité, personne ne l'écoutera.
De ce point de vue la France n'est pas bien placée : la statistique est chez nous encore et encore « critiquée » par des crétins qui se parent d'une légitimité intellectuelle ou médiatique.
L'indice des prix ne veut rien dire, disent-ils par exemple, parce que c'est une moyenne. Mais une moyenne, cela ne dit pas rien ! Et si l'on s'intéresse non à la moyenne, mais à la dispersion, il faut utiliser d'autres indicateurs (quantiles etc.) que la statistique fournit également – mais ces paresseux, ces prétentieux ne se donnent pas la peine de les regarder.
La qualité des statistiques, tout comme la qualité des archives, est un sûr indicateur de la maturité d'une nation. Une nation qui ne se soucie pas de s'observer elle-même ni d’observer sa propre histoire, et qui s'en remet donc à des mythes en guise de connaissance, ne peut pas en effet accéder à la maturité politique ni maîtriser son destin. Dans le concert diplomatique, elle s'exprimera de façon infantile et capricieuse : sa parole n'ayant aucune autorité, personne ne l'écoutera.
De ce point de vue la France n'est pas bien placée : la statistique est chez nous encore et encore « critiquée » par des crétins qui se parent d'une légitimité intellectuelle ou médiatique.
L'indice des prix ne veut rien dire, disent-ils par exemple, parce que c'est une moyenne. Mais une moyenne, cela ne dit pas rien ! Et si l'on s'intéresse non à la moyenne, mais à la dispersion, il faut utiliser d'autres indicateurs (quantiles etc.) que la statistique fournit également – mais ces paresseux, ces prétentieux ne se donnent pas la peine de les regarder.
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vendredi 1 janvier 2010
Pierre Musso, Télé-politique, L'Aube, 2009
Pierre Musso précise dans cet ouvrage l'analyse qu'il avait présentée dans Le Sarkoberlusconisme. La comparaison des trajectoires des deux héros de la politique européenne que sont Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi prend ici une vigueur saisissante ainsi que la description du « télépol », articulation du politique avec la télévision.
Une part du personnage de Berlusconi s'explique par ses débuts comme animateur de soirées sur des bateaux de croisière. Ce dur métier oblige à mettre de côté les éventuels soucis personnels pour montrer, en permanence, un visage réjoui et entraînant. Celui qui est passé par cette école saura présenter une apparence soigneusement calculée, d'autant mieux réussie qu'elle semble plus spontanée.
Une autre part s'explique par sa trajectoire – après avoir été amuseur il est devenu promoteur immobilier, puis commerçant, publicitaire, entrepreneur médiatique, homme politique enfin – et cette trajectoire constitue, de façon géniale, une suite cumulative d'initiations. Oui, je dis bien « de façon géniale » : il faut du génie pour tirer partie des aléas de la vie en accumulant continuellement du potentiel.
Une part du personnage de Berlusconi s'explique par ses débuts comme animateur de soirées sur des bateaux de croisière. Ce dur métier oblige à mettre de côté les éventuels soucis personnels pour montrer, en permanence, un visage réjoui et entraînant. Celui qui est passé par cette école saura présenter une apparence soigneusement calculée, d'autant mieux réussie qu'elle semble plus spontanée.
Une autre part s'explique par sa trajectoire – après avoir été amuseur il est devenu promoteur immobilier, puis commerçant, publicitaire, entrepreneur médiatique, homme politique enfin – et cette trajectoire constitue, de façon géniale, une suite cumulative d'initiations. Oui, je dis bien « de façon géniale » : il faut du génie pour tirer partie des aléas de la vie en accumulant continuellement du potentiel.
mercredi 23 décembre 2009
C. G.Jung, The Red Book, Norton & C°, 2009
Ce livre de grand format est une petite merveille éditoriale. Ce sera sans doute une de ces raretés que les bibliophiles s'arrachent et que l'on est fier d'avoir dans sa bibliothèque.
Il comporte d'abord la reproduction fac simile d'un manuscrit dans lequel Jung a consigné sa démarche la plus intime mais qu'il n'a jamais publié car il craignait de ne pas être compris.
Ce manuscrit est resté longtemps dans un coffre-fort et seuls quelques très rares initiés ont été autorisés à le consulter. De tels livres maudits sont souvent les plus intéressants : que l'on pense aux Mémoires de Casanova et au Manuscrit trouvé à Saragosse de Potocki !
Le texte, en allemand, est écrit dans une calligraphie aussi soignée que celle des copistes du moyen-âge et en usant d'abréviations auxquelles on s'habitue assez vite. Il est orné d'enluminures et de miniatures qui illustrent les visions de Jung et où se déploie son talent de dessinateur.
Il comporte d'abord la reproduction fac simile d'un manuscrit dans lequel Jung a consigné sa démarche la plus intime mais qu'il n'a jamais publié car il craignait de ne pas être compris.
Ce manuscrit est resté longtemps dans un coffre-fort et seuls quelques très rares initiés ont été autorisés à le consulter. De tels livres maudits sont souvent les plus intéressants : que l'on pense aux Mémoires de Casanova et au Manuscrit trouvé à Saragosse de Potocki !
Le texte, en allemand, est écrit dans une calligraphie aussi soignée que celle des copistes du moyen-âge et en usant d'abréviations auxquelles on s'habitue assez vite. Il est orné d'enluminures et de miniatures qui illustrent les visions de Jung et où se déploie son talent de dessinateur.
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dimanche 20 décembre 2009
Mésaventures d’un client lambda de France Telecom
Je publie ici le témoignage que Jean Kott m'a aimablement autorisé à reproduire. Ce grand expert des systèmes d'information est aussi, devant une grande entreprise comme France Telecom, un client lambda comme vous ou moi. Son témoignage illustre le degré de dégradation où est parvenu cette entreprise suicidaire.
Je communique assidûment mon analyse et mes craintes aux politiques et dirigeants que je rencontre. Pour le moment, je n'en ai trouvé aucun qui se sente en position d'agir mais je continue : même si France Telecom a désormais le statut d'une entreprise privée, la qualité du réseau et du service est un enjeu national.
Il faudra bien que le citoyen se réveille un jour, fût-ce un peu tard !
Ne s'est-on pas fait des illusions sur les vertus du privé et de la concurrence ?
La qualité du service que produit cette entreprise conditionne l'efficacité de notre économie : ne serons-nous pas contraints, un jour, de la re-nationaliser pour la reprendre à des actionnaires prédateurs ?
Vous croyez peut-être que dire cela, c'est ringard ? J'estime, moi, qu'il est ringard de persister, malgré l'expérience, à croire en des dogmes venant d'un mauvais cours d'économie et à prétendre que l'efficacité serait conditionnée par la concurrence pure et parfaite, la privatisation des services publics, l'ouverture totale du marché, la maximisation du profit et la création de valeur pour l'actionnaire.
Mais voici le témoignage de Jean Kott :
Je communique assidûment mon analyse et mes craintes aux politiques et dirigeants que je rencontre. Pour le moment, je n'en ai trouvé aucun qui se sente en position d'agir mais je continue : même si France Telecom a désormais le statut d'une entreprise privée, la qualité du réseau et du service est un enjeu national.
Il faudra bien que le citoyen se réveille un jour, fût-ce un peu tard !
Ne s'est-on pas fait des illusions sur les vertus du privé et de la concurrence ?
La qualité du service que produit cette entreprise conditionne l'efficacité de notre économie : ne serons-nous pas contraints, un jour, de la re-nationaliser pour la reprendre à des actionnaires prédateurs ?
Vous croyez peut-être que dire cela, c'est ringard ? J'estime, moi, qu'il est ringard de persister, malgré l'expérience, à croire en des dogmes venant d'un mauvais cours d'économie et à prétendre que l'efficacité serait conditionnée par la concurrence pure et parfaite, la privatisation des services publics, l'ouverture totale du marché, la maximisation du profit et la création de valeur pour l'actionnaire.
Mais voici le témoignage de Jean Kott :
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France Telecom
samedi 12 décembre 2009
Le Parador
Le Parador est terminé !
Ce roman a été publié sur volle.com à partir de mars 2008 sous la forme d'un feuilleton. Il s'agissait de mettre en scène les émotions et les drames que comporte la vie dans une grande entreprise. Mes intentions initiales étaient décrites dans Pourquoi un feuilleton ?, elles n'ont pas varié pendant sa rédaction.
J'espère que cette lecture vous intéressera, ou mieux qu'elle vous amusera. Il suffit de cliquer sur Le Parador. Le fichier pdf que vous téléchargerez alors est de 996 Koctets. Le livre a 270 pages. Je l'ai composé avec LaTeX pour obtenir une typographie de qualité convenable.
Ce roman a été publié sur volle.com à partir de mars 2008 sous la forme d'un feuilleton. Il s'agissait de mettre en scène les émotions et les drames que comporte la vie dans une grande entreprise. Mes intentions initiales étaient décrites dans Pourquoi un feuilleton ?, elles n'ont pas varié pendant sa rédaction.
J'espère que cette lecture vous intéressera, ou mieux qu'elle vous amusera. Il suffit de cliquer sur Le Parador. Le fichier pdf que vous téléchargerez alors est de 996 Koctets. Le livre a 270 pages. Je l'ai composé avec LaTeX pour obtenir une typographie de qualité convenable.
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Feuilleton
samedi 28 novembre 2009
Efficacité de l’entreprise contemporaine (série)
Ce texte est le premier d'une série qui se poursuit par les textes suivants :
L'économie quaternaire
Les « petits mondes »
Le mythe de la carrière
Le rendement sociologique de l'entreprise
Une réalité que l'on ne veut pas voir
Pour un « commerce de la considération »
Cette définition de l’efficacité s’écarte du point de vue des parties prenantes : actionnaires, salariés, dirigeants etc. Elle considère le rapport entre d’une part la société, à qui l’entreprise offre ses produits, d’autre part la nature où l’entreprise puise ses ressources.
L'économie quaternaire
Les « petits mondes »
Le mythe de la carrière
Le rendement sociologique de l'entreprise
Une réalité que l'on ne veut pas voir
Pour un « commerce de la considération »
* *
L’entreprise efficace est celle qui produit des choses utiles sans gaspiller de ressources.Cette définition de l’efficacité s’écarte du point de vue des parties prenantes : actionnaires, salariés, dirigeants etc. Elle considère le rapport entre d’une part la société, à qui l’entreprise offre ses produits, d’autre part la nature où l’entreprise puise ses ressources.
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Série
vendredi 27 novembre 2009
L’économie quaternaire
Nota Bene : ce texte fait partie de la série Efficacité de l'entreprise contemporaine.
L’entreprise type d’autrefois était une entreprise industrielle comportant des usines où travaillaient de nombreux ouvriers ; la conception des produits, l’organisation du travail étaient réalisées par des bureaux d’étude occupant un nombre plus réduit de personnes ; les services de commercialisation et de distribution avaient également des effectifs relativement modestes.
L’informatisation de l’économie a conféré à l’entreprise contemporaine une tout autre structure. La production des biens étant automatisée, les effectifs qui lui sont consacrés ont fondu. Les produits sont devenus des assemblages de biens et de services et l’emploi est majoritairement consacré d’une part à la conception des produits, d’autre part aux services qu’ils comportent. Cette économie-là n’est plus dominée par l’industrie, par le secteur secondaire, et elle ne se réduit pas non plus au seul secteur tertiaire : on peut la qualifier de « quaternaire ».
L’entreprise type d’autrefois était une entreprise industrielle comportant des usines où travaillaient de nombreux ouvriers ; la conception des produits, l’organisation du travail étaient réalisées par des bureaux d’étude occupant un nombre plus réduit de personnes ; les services de commercialisation et de distribution avaient également des effectifs relativement modestes.
L’informatisation de l’économie a conféré à l’entreprise contemporaine une tout autre structure. La production des biens étant automatisée, les effectifs qui lui sont consacrés ont fondu. Les produits sont devenus des assemblages de biens et de services et l’emploi est majoritairement consacré d’une part à la conception des produits, d’autre part aux services qu’ils comportent. Cette économie-là n’est plus dominée par l’industrie, par le secteur secondaire, et elle ne se réduit pas non plus au seul secteur tertiaire : on peut la qualifier de « quaternaire ».
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